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Vers une terre d’asile pour les femmes ?
La condamnation à mort par lapidation de la jeune iranienne Sakineh Mohammadi-Ashtiani soulève à juste titre l’indignation, mais n’est malheureusement que le sommet visible d’un iceberg de violences commises « légalement » envers les femmes. Le nécessaire combat médiatique pour obtenir la grâce de Sakineh, ne doit être qu’une première étape vers une réglementation internationale visant à interdire les lapidations, les crimes dits "d'honneur" et autres persécutions des femmes.
Quick, le choix du marketing religieux, opportunisme ou discrimination ?
En choisissant la stratégie du marketing religieux, Quick s’est reconverti, voire converti, à la restauration hâtive de nourritures célestes. Guidée par sa quête légitime de clients, la chaîne de fast food a finalement versé dans le clientélisme. Le choix de Quick a suscité de nombreuses critiques, avec au menu une bonne dose d’islamophobie, une pincée de communautarisme et quelques épices pour relever le goût d’une revendication identitaire.
Peut-on condamner le choix économique d’une entreprise qui propose à la population environnante de ses restaurants une alimentation conforme à ses attentes ?
Pourquoi la commission parlementaire sur le port du voile intégral a-t-elle échoué dans sa réflexion ? Pourquoi ses propositions d’interdire le port du voile intégral dans les espaces de service public ne répondent pas à la question fondamentale du statut des femmes dans une société démocratique et laïque ? Pourquoi encore une loi interdisant de dissimuler son visage partout excepté dans la sphère privée ne serait en fait qu’un encouragement à la discrimination des femmes ?
La chute des minarets en Suisse n’est pas le reflet inversé de celles des twin towers de New York, mais l’expression maladroite de la problématique posée par la mondialisation des cultures et des religions.
La libre circulation des individus et des idées, l’émancipation de la terre sacrée - souvent fondatrice d’une tradition religieuse- posent inévitablement la question de la cohabitation d’une diversité de cultes sur une terre désormais partagée.
Le respect des fêtes religieuses, l’accompagnement des lois alimentaires, le port de signes distinctifs d’inspiration cultuelle et maintenant l’architecture des lieux de culte : à l’évidence le vivre-ensemble et le vivre-côte-à-côte se confrontent au quotidien. La cohabitation des religions risque fort de se transformer en compétition. Pourtant la fragmentation de l’espace public - même pacifié- ne nous mènera pas au paradis et ne nous évitera peut-être pas l’enfer...
Les principes de tolérance et d’aménagement « raisonnable » risquent-ils de favoriser l’inégalité, la discrimination involontaire et la radicalisation des attentes religieuses ?
Quand il s’agit de réfléchir sur des thèmes aussi essentiels que la gestion équitable de la diversité culturelle et religieuse dans notre société, il me parait indispensable de toujours rappeler mon engagement pour l’humanisme et la tolérance, d’appréhender les différences comme un véritable enrichissement, et la diversité des cultures et des religions comme le ferment essentiel de notre société.
Le débat entre liberté et tolérance est aujourd’hui devenu fondamental, puisqu’il s’agit de reconnaître que dans une société ouverte et démocratique tout le monde peut avoir tort. Mais la liberté ne pourrait pas non plus rester indifférente à une profusion d’opinions qui se vaudraient toutes. Lors du débat sur le projet de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, Rabaud Saint Etienne exigeait déjà : « Ce n’est pas la tolérance que je réclame, c’est la liberté »...
Le déluge annoncé par de terribles images d'icebergs à la dérive est l'écho d'un déluge universel partagé par l'ensemble des cultures. L'éruption d'un seul volcan islandais suffit à paralyser le ciel européen et à rendre insignifiante toute limitation humaine de CO2.
Diminuer ou allonger le temps du travail s’appuie sur des valeurs économiques aussi irréprochables qu'opposées. Pourtant, il ne s'agit pas de rationalité mais bien d'irrationalité. Ces deux logiques politiques trouvent en effet leurs racines à l'aube du temps religieux de l'humanité. D'une part, le travail châtiment et, de l'autre, le travail rédemption. Deux lectures des valeurs sociales et économiques qui divisent notre société alors qu'elles poursuivent le même objectif : faire de notre monde un paradis terrestre.
Pourquoi, se demandait Plutarque, se voile-t-on la tête en adorant les dieux ? C'est la question que doivent se poser les 10.000 femmes au visage nu et à la chevelure apparente verbalisées en Iran par la nouvelle police du voile. Et d'abord les étrangères, touristes ou résidentes, musulmanes ou pas, contraintes de se voiler pour ne pas dévoiler leur différence.
Une nouveauté puisque dans l'histoire de l'islam, c'est le contraire qui a été en usage dès le IXè siècle. Jadis, le principe était clair : les non-musulmans pouvaient vivre en terre d'islam, conserver leur culte et leur clergé (à condition de ne pas faire de prosélytisme) ainsi que certaines activités professionnelles, mais établissaient clairement une différence de statut social et juridique entre musulmans et non-musulmans. En 807 Haroun Al-Rachid, calife des Abbassides, imposera aux juifs et aux chrétiens de porter des ceintures de couleur bleue ou blanche. Le port d'un chapeau jaune des vêtements aux couleurs voyantes et d’insignes marquaient ainsi la frontière entre les Gens du Livre et le monde musulman. Alors que s est-il passé ?
Le droit d'expression apparaît aujourd'hui comme une liberté fondamentale. La question de tracer les frontières de cette liberté ne se pose pas suivant des critères de bien ou de mal, de juste ou d'injuste, ou encore de légal ou d'illégal, mais d'abord de pureté et d'impureté.